L'Église :
L'Église Notre-Dame de Marle est classée au titre des monuments historiques depuis 1846. Elle est située sur la commune de Marle, dans le département de l'Aisne (02). L'église Notre-Dame fut bâtie à la fin du douzième siècle (vers 1180), au début du gothique, par les sires de COUCY, seigneurs et possesseurs du château de Marle. Elle forme une croix latine orientée vers l'Est avec transepts, bas-côtés, porches et s'orne d'un triforium, rare dans une église de cette taille. Elle offre aujourd'hui dans son ensemble, deux époques de construction bien distinctes. L'un des collatéraux construit de briques et de pierres portant sous sa voute de millésime "1006". Ce qui rappelle incontestablement le style de la fin première de l'ère chrétienne du 5ème au 11ème siècle. Le centre de la croix, partie la plus élevée des voûtes, l'abside et la face latérale indiquent par leurs formes simples et sévères, le style de l'architecture romaine.








Le Sire de Bournonville :
À l'intérieur de l'église, on y trouve le tombeau du Sire de BOURNONVILLE, premier lieutenant de Jean sans Peur, pendant la Guerre de Cent Ans.

L'HISTOIRE DES CLOCHES DE MARLE
Première sonnerie de 1608 à 1706 :
La première sonnerie connue, celle qui a succédé à l'incendie de 1596, a dû être installée vers 1608.
Elle se composait de six cloches, trois grosses et trois petites. Malgré les recherches faites sur cette époque dans les registres municipaux par M.Lalouette-Fossier, il n'a pas été possible de définir ce qu'étaient ces six cloches. Ces cloches périrent le 8 Août 1684 dans un second incendie allumé par un violent orage.
Deuxième sonnerie de 1706 à 1819 :
Fonte de quatre cloches par le fondeur Legay de Paris. Le travail fut exécuté dans l'église
du faubourg Saint-Martin, Église primitive de Marle, le 22 décembre. Elles étaient quatre et non six, soit :
La première appelée Marie Charlotte, elle pesait 3700 livres (1678kg) et sonnait le "Do"
La deuxième appelée Anne, elle pesait 2535 livres (1149kg) et sonnait le "Ré"
La troisième appelée Marie-Antoinette, elle pesait 1834 livres (831kg) et sonnait le "Mi"
La quatrième appelée Marie Judith, elle pesait 1498 livres (679kg) et sonnait le "Fa"
Un accident survenu en 1722 à la grosse cloche, nécessitant sa refonte,
laquelle fut confiée à Causard et Hanriot, de Dampcourt, en Lorraine
Ces cloches furent descendues à cause de la loi du 22 Avril 1792 qui prescrivait de descendre
toutes les cloches et de les conduire à la monnaie, sauf une qui a été conservée jusqu'en 1819.
Elle se cassa et fit place à une troisième sonnerie.
Troisième sonnerie de 1819 à 1847:
Fonte de quatre cloches qui furent fondues sur la place du grenier-à-sel par les sieurs Cochois et Antoine
et elles furent bénies par Mr Birtelle, doyen de Marle. Elles eurent pour parrains et marraines :
La première, Adrienne-Charlotte : Mr Tilorier, maire et Mme Fouant de la Tombelle
La deuxième, Jeanne-Thérèse : Mr Caby, juge de paix, père de M.Caby,
décédé archiprêtre de Château-Thierry et Mmr Frénel
La troisième, Elise-Antoinette : Mr Fouant de la Tombelle et Mme Leroy de Torcy
La quatrième, Joséphine-Eléonore : Mr Lefèvre du faubourg Saint Nicolas
(Donateur du grand Calvaire) de Mme Doin
Ces cloches furent apparemment détruites à cause de la fracture de la grosse cloche
et d'une autre cloche et firent place à la quatrième sonnerie.
Quatrième sonnerie de 1847 à 1863 :
Fonte de cinq cloches, elles furent fondues à Paris par le sieur Gallois et bénites le 24 août par M.Lerrede,
doyen de Marle. Elles eurent pour parrains et marraines :
La première, Mr Bastien et Mme Lehault, elle s'appelait Antoinette-Adrienne-Clotilde-Augustine,
pesait 3800 livres (1900kg) et sonnait le "Do3"
La deuxième, Mr Pelletier et Mlle Frenel, elle s'appelait Thérèse-Euphénie,
pesait 2780 livres (1390kg) et sonnait le "Ré3"
La troisième, Mr Debrotonne, député et Mme de Varlemont, elle s'appelait Albertine-Joséphine,
pesait 1180 livres (1008kg) et sonnait le "Mi3"
La quatrième, Mr Doin et Mme Dehon-Hécart, elle s'appelait Adélaïde-Augustine-Thérèse-Eléonore,
pesait 1520 livres (760kg) et sonnait le "Fa3"
La cinquième, Mr Grulet et Mme Damay, elle pesait 534 livres (277kg) et sonnait le "Do4".
Elle a été refondue l'année suivante par une cloche sonnant le "Sol3"
Ces cloches furent apparemment un échec et firent place à la cinquième sonnerie.
Cinquième sonnerie de 1863 à 1880:
Nouvelles cloches fondues par Mr Perrin-Robinet de Mézières mais périrent dans l'incendie de 1879
Malgré les recherches faites sur cette époque dans les registres municipaux, il n'a pas été possible de définir ce qu'étaient ces cloches.
Sixième sonnerie de 1880 à 1922 :
Fonte de cinq cloches, bénites le 13 juin et fournies par Paul Drouot, fondeur à Douai et une offerte
par le chanoine Guyenne.
Elles eurent pour parrains et marraines :
La première, Mr Ancelot, président de la fabrique et Mme Mouret
La deuxième, Mr Meunier et Mme Meuret
La troisième, Mr le docteur Coffignon, maire de la ville et Mme Legrand
La quatrième, Mr et Mme Duflot
La cinquième, Mdr Dubois et Mme Parmentier
La sixième, ( parrains et marraines non connus )
Ces cloches seront descendues le 1er Juillet 1917 pour être emmenées en
Allemagne pendant la guerre 1914-1918.
Septième sonnerie (sonnerie actuelle)
Fonte de quatre cloches en 1922 par Charles WAUTHY à Douai, deux cloches en 1936 par Charles WAUTHY à Douai et une cloche en 1955 par Armand BLANCHET.
La première, Marie-Geneviève-Héloïse-Louise fondue par Charles WAUTHY à Douai en 1936,
sonnant le "LA 2"et pèse 3500 kg
Inscriptions :
En l'an de N.-S. 1936, le Dimanche 16 août, M. Faucheux, étant Maire,
M. le Chanoine A. Raboeuf, curé-doyen, MM. Bailly, Greiff Maudens,
Deheeger et Coulon, conseillers de la Fabrique de l'église, j'ai été bénite par son
Exc. Mgr Mennechet, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin,
né à Marle, assisté de Mgr Delorme, vicaire général.
Mes parrains furent M.Hippolyte COULON et M. Louis VUAFLART,
conseillers municipaux, et mes marraines Mme MORIN, née Geneviève Pierrotin et
Mme Warin, née Marie Lefèvre qui m'ont nomée
Marie-Geneviève-Héloïse-Louise
Bourdon de la sonnerie de l'église Marle-et-Behaine (Aisne),
je pèse 3500 kilos et je donne le LA grave.
Je suis destinée à remplacer Marie-Victoire-Adèle,
du même poids que moi et bénite le 13 Juin 1880,
mais enlevée par les Allemands au cours de la guerre 1914-1918.
Aussi je veux être messagère de paix.
J'appelle en la maison de Dieu tous les Marlois, riches et pauvres, afin qu'en la présence de leur
Père commun, ils se sentent vraiment frères et ne songent qu'a s'entraider.
La deuxième, Marie-Victorine-Thérèse, fondue par Charles WAUTHY à Douai en 1922,
sonnant le "Do naturel" et pesait 2060 kg
(Cloche refondue à cause d'une fêlure par Armand BLANCHET)
Inscriptions :
Le 16 Juillet 1922, j'ai été bénite par Mgr Henri Binet, Évêque de Soissons,
Laon et Saint-Quentin, assisté de MM. Mennechet & Delorme, vicaires généraux ;
M. l'abbé Raboeuf étant curé-doyen de Marle.
Destinée à remplacer Louise-Victorine, j'ai pour parrain M.Paul BAILLY, notaire
membre du conseil de fabrique, conseiller municipal et
pour marraine Mme Vve BOUTROY, née Octavie Ancelot, qui m'ont nommée
Marie-Victorine-Thérèse
( Je proclame ma foi )
La deuxième, Marie-Thérèse-Lucienne-Patricia, fondue par Armand BLANCHET en 1955,
sonnant le"DO dièze"
Inscriptions :
En l'An de Grâce 1955, le Dimanche 16 Octobre,
j'ai été bénite par Mgr Pierre DOUILLARD, Evêque de Soissons,
Laon et St-Quentin ; M,Le Chanoine NORMAND étant Curé-Doyen ;
M.l'Abbé LEROUX , auxiliaire ; M. Paul ROUSSELLE, Maire de la Ville et
MM. LEFÈVRE Louis et BRUCELLE Paul, Adjoints.
J'ai pour Parrain: le Docteur Jean-Marie BAILLY et pour Marraine :
Madame Paul ROUSSELLE qui m'ont nommée
MARIE-THÉRÈSE-LUCIENNE-PATRICIA.
Fidem Clamo
( Je proclame la loi )
La troisième, Marie-Alphonsine-Antoinette, fondue par Charles WAUTHY à Douai en 1922,
sonnant le "RÉ 3" et pèse 1500kg
Inscriptions :
Le 16 Juillet 1922, j'ai été bénite par Mgr Henri Binet, Évêque de Soissons,
Laon et Saint-Quentin, assisté de MM. Mennechet & Delorme, vicaires généraux ;
M. l'abbé Raboeuf étant curé-doyen de Marle.
Je remplace Emilienne-Clotilde j'ai pour parrais M. Gabriel MARTIN,
pharmacien, Mme Alphonse LALOUETTE, née Léonie Fossier, qui m'ont nommée
Marie-Alphonsine-Antoinette
Je chante la victoire de nos armes et la gloire de nos héros, tombés au Champ d'Honneur
La quatrième, Charlotte-Valentine-Emilie, fondue par Charles WAUTHY à Douai en 1922,
sonnant le"MI 3" et pèse 1050kg
Inscriptions :
Le 16 Juillet 1922, j'ai été bénite par Mgr Henri Binet, Évêque de Soissons,
Laon et Saint-Quentin, assisté de MM. Mennechet & Delorme, vicaires généraux ;
M. l'abbé Raboeuf étant curé-doyen de Marle.
Je remplace Julia-Alphonsine j'ai eu pour parrain M. Émile L'HOTTE,
conseiller municipal, cultivateur à Haudreville, et pour marraine
Mme Vve GENTILLIEZ, née Valentine Chabiel de Morière, qui m'ont nommée
Charlotte-Valentine-Emilie
Paroissiens de Marle, par ma voix, je m'associe à vos douleurs comme à vos joies
La cinquième, Jeanne-Marguerite-Marie, fondue par Charles WAUTHY à Douai en 1936,
sonnant le "FA dièze" et pèse 730 kg
Inscriptions :
En l'an N.-S. 1936, le Dimanche 16 août, j'ai été bénite par son Exc.Mgr Mennechet,
évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin, né à Marle, assisté de Mgr Delorme,
vicaire général, M. le Chanoine A.Raboeuf, étant curé-doyen.
Mon parrain a été M.Edmond MAUDENS, conseiller municipal, et ma marraine
Mlle Jeanne CHALLIER, qui m'ont nommée
Jeanne-Marguerite-Marie
Je sonne le Fa dièze pour être en accord avec mes soeurs de Marle, LA, MI, RÉ, LA, et de concert avec elles, célébrer par nos harmonieuses envolées, le Christ qui a sauvé l'Humanité.
La sixième, Marie-Joseph-Jeanne, fondue par Charles WAUTHY à Douai en 1922,
sonnant le "LA 3" et pèse 430 kg
Inscriptions :
Le 16 Juillet 1922, j'ai été bénite par Mgr Henri Binet, Évêque de Soissons,
Laon et Saint-Quentin, assisté de MM. Mennechet & Delorme, vicaires généraux ;
M. l'abbé Raboeuf étant curé-doyen de Marle.
Je remplace Marie-Joseph-Valentine et comme elles, je suis faite pour empêcher
mes grandes soeurs de se prodiguer. J'ai pour parrain M.Gaston LEGÉE,
notaire, conseiller municipal et pour marraine Mme Vve DUPREZ,
née Marie-Marthe Defer, qui m'ont nommée
Marie-Joseph-Jeanne
Je vous invite à la prière et je prêche la concorde en vous rappelant chaque jour, par la sonnerie de l'Angelus, que tous vous êtes les enfants du même Père qui règne dans les Cieux
Le clocher et son horloge
Le clocher fut fort longtemps l'instigateur des ruines de l'église. Les nombreux incendies dus à l'orage prenaient départ au clocher haut de 63 mètres et entraînaient du même coup les cloches qui étaient la fierté des Marlois. Son histoire est étroitement liée à celle des cloches. Le dernier incendie de 1879 à détruit la flèche, les toitures du transept Nord et celle de l'abside du chœur. En ce qui concerne l'horloge, elle ne subit pas toujours la même destinée que le clocher du fait qu'elle fut placée tout d'abord dans l'oculus du pignon Ouest et non dans le clocher. Elle fut réparée par Mathieu Lalouette, horloger à Marle le 28 Juillet 1754. Le cadran était alors en bois et peint et ne possédait qu'une aiguille. En 1868, une autre horloge fut installée mais cette fois en "lave de Volvie" et son diamètre fut porté à 1,80 mètre. Placée par la suite dans le clocher, elle fut détruite dans l'incendie de 1879. Une nouvelle horloge fut donc placée dans le clocher lors de la reconstruction de celui-ci.
L'ORGUE
Composition de l'orgue de Marle :
Grand-Orgue
Etendue : C1-F5 (54 notes)
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Bourdon 16
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Montre 8
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Flûte harmonique 8
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Prestant 4
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Flûte 4
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Doublette 2
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Cornet IV
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Trompette 8
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Clairon 4
Récit expressif
Etendue : C1-F5 (54 notes)
-
Diapason 8
-
Flûte traversière 8
-
Gambe 8
-
Voix céleste 8
-
Flûte octaviante 4
-
Octavin 2
-
Trompette 8
-
Basson et Hautbois 8
-
Voix humaine 8
Pédale
Etendue : C1-F3 (30 notes)
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Soubasse 16
-
Flûte 8
-
Bourdon 8
-
Basson 16
Histoire de l'orgue :
Cet instrument est l'œuvre des facteurs d'orgues Daublaine & Callinet (1840),
Aristide Cavaillé-Coll (1891), Charles Mutin (1923) et Laurent Plet (1986).
Il fut construit en 1634 avec vingt-quatre jeux et un pédalier. En 1891,
Aristide Cavaillé-Coll livre pour 21 500 francs un orgue de deux claviers et pédalier.
Le buffet du Grand-Orgue, est d'époque Louis XIII comme le buffet de positif.
Un relevage est effectué par Mutin en 1923, sans modification. Classé au titre de Monument Historique le 18 octobre 1972 pour le buffet, et le 18 juillet 1980 pour sa partie instrumentale, Laurent Plet restaure l'instrument à
l'identique d'avril à décembre 1986.





REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier Dominique GODBILLE pour l'autorisation de monter dans le clocher ainsi que de faire un reportage sur les cloches.
Je remercie également Sylvain PRUVOT et Sébastien DAMAS pour l'accès au clocher et le démarrage des cloches.
Et je remercie Gérard GUIBON pour les diverses informations sur les cloches de l'église.

